Compte rendu du stage de Hambourg
(12-13 avril 2003)
Témoignage de Pablo Coma |
Pablo
Coma |
Hambourg. Six cents kilomètres à parcourir.
Après réflexion nous décidons de partir la veille au soir plutôt que la nuit de
vendredi à samedi, cela nous octroiera quelques heures
de sommeil supplémentaires qui s’avèreront bien nécessaires. Le rendez-vous est fixé chez Marc le vendredi
à 18 heures. En arrivant, je peux déjà apercevoir devant sa porte un magnifique
véhicule loué pour l’occasion, brillant comme un sou neuf, dont l’allure
élancée laisse présager qu’il ne rêve que d’une seule chose : fendre l’air
des autoroutes d’Europe en notre compagnie. Cet engin magnifique, tout droit
sorti des usines Citroën, en est à sa première escapade, et bien décidé à faire
ses armes sous les mains expertes de Marc et Vera. Peu après 18 heures, nous
quittons Bruxelles. Dès les premiers instants du voyage nous pouvons nous
rendre compte de la chance que nous avons de bénéficier d’un moyen de transport
alliant non seulement confort et espace, mais aussi rapidité et élégance. Nous
n’étions pas au bout de nos surprises, car quelques kilomètres plus loin nous
pouvons constater toute l’ampleur de la technologie mise à notre
disposition : essuie-glaces automatiques, phares se mettant en marche
d’eux même, clignoteurs dont la méthode d’utilisation reste un mystère pour le
plus diplômé des physiciens, etc…
Malheureusement
il ne pleuvait pas, il ne faisait pas noir et les clignoteurs ne se mettaient
pas en marche d’eux-mêmes. Tout s’était passé décidément trop bien jusque là
pour que cela continue. Un premier coup
de fil à la société de location automobile passé, nous nous arrêtons sur un
parking afin de vérifier l’état du véhicule. Marc coupe le moteur et tente de
la remettre en marche… en vain. A l’instar de tout bon âne qui se respecte,
notre précieuse automobile se refuse à bouger. Un second coup de fil est passé,
une dépanneuse est envoyée à notre rescousse. Pendant ce temps, les quatre
héros de notre périple (Marc, Vera, Hilde et Pablo)
vont se désaltérer dans un snack non loin de là pour se remettre de leurs
émotions. La dépanneuse n’arrivant toujours pas, un nouvel essai de mise en
marche du moteur est tenté, avec succès cette fois.
Mais le risque de retomber en panne étant bien présent, nous décidons de
ramener la voiture au dépôt de la société de location situé à Zaventem. Cet
infâme tas de ferraille n’ayant pas tenu ses promesses, nous recevons une autre
voiture en remplacement, laissant sans le moindre remord la précédente entre
les mains de ses tortionnaires. Souhaitons-lui un bon séjour à la casse…
Il
est alors 20 heures passées, un choix crucial s’offre à nous : partir tout
de suite de façon à arriver le plus tôt possible ou quitter pendant la nuit aux
alentours de 3 heures du matin. A l’unanimité moins une abstention il est
décidé de partir directement. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà partis
vers de nouvelles aventures… moins mouvementées cette fois. Le voyage se
déroule sans encombre, Marc et Vera se relayent au
volant, démontrant une fois de plus l’étonnante prouesse dont ils peuvent faire
preuve dans ce genre situations.
Nous
arrivons sur place vers 3 heures du matin, il était temps car la fatigue
commence à se faire ressentir. Nous installons silencieusement nos sacs de
couchage et nous voici partis vers le pays des songes…
La nuit fut courte mais le sommeil réparateur. La plupart d’entre nous ont bien dormis, excepté une certaine personne qui s’est plainte du bruit fait par l’un de ses voisins se tortillant dans son sac de couchage rouge (honte sur lui !) ainsi que d’une autre personne qui trouvait le tatami de judo trop dur. Mais rien de bien grave, et une fois le petit déjeuner prit nous sommes fin prêt pour le cours qui ne va pas tarder à commencer.
Deuxième partie : Le
Marathon :
Juste
avant le début du premier cours, nous lançons, une larme à l’œil, un dernier
regard sur les horaires des cours :
10h-12h
cours avec Sensei Fugazza
12h-14h
cours avec Sensei Shirai
15h-17h
cours avec Sensei Shirai
17h-19h
cours avec Sensei Fugazza
Au
moins on en aura pour notre argent…
Le
premier cours est destiné aux ceintures vertes et bleues. Sensei
Fugazza commence son cours par un Kihon,
qui est suivi du Kata Heian Godan et terminé par Bassaï
Daï
Après
une très courte pause, le deuxième cours commence, dirigé par Sensei Shirai. Il commença
également par un Kihon, rapidement suivi d’un Kumite qui prit la majeure partie du cours. Il s’agissait
entre autres de réaliser 18 techniques sur un adversaire immobile (uchikomi) : sanbon tsuki, (ikite) jodan gyaku tsuki,
(ikite) jodan nukite, kayashi shuto, chudan gyaku
tsuki, haito, mae geri, tsuriyashi
yoko geri, jodan empi, tsuriyashi
yoko empi, mawashi geri, tsuriyashi
uraken uchi, oikomi tsuriyashi gyaku tsuki, tsuriyashi
kizami tsuki, ushiro geri, oikomi
tsuriyashi gyaku tsuki, kaiten uraken,
tsuriyashi uramawashi geri, tsuriyashi shuto uchi.
Après
une pause d’une heure pendant laquelle nous pouvons profiter du soleil, les
cours reprennent.
L’après-midi
commence par un cours donné par Sensei Shirai, destiné aux ceintures vertes et bleues. Durant ce
cours le Maestro apporte une grande importance à l’alignement. Après chaque
exercice il faut se réaligner scrupuleusement sur ses voisins de gauche et de
droite ainsi que sur la personne devant soi. Il insiste également auprès des
ceintures les moins élevées sur l’importance de garder toujours le regard porté
droit devant soi pendant l’exécution d’un exercice. Ce cours commence par un Kihon de niveau troisième dan suivi d’un Kumite de style sanbon Kumite en plus étoffé.
Le
dernier cours de la journée porte entre autres sur le Kata Nijushiho,
avec application de ce dernier.
Troisième partie : la
philosophie de la pizza
Les
cours étant terminés pour ce samedi soir, nous nous relâchons quelque peu en
observant les examens que Sensei Sirai
fait passer à cinq personnes. Une fois le spectacle terminé, nous pouvons
profiter d’une douche apaisante durant laquelle un drame se déroula… La
bienséance m’interdit hélas d’en dire trop, mais cela a à voir avec un sauna
mixte.
Puis
vient le meilleur moment de la journée, l’heure de manger ! Rien de tel
qu’une recette qui a fait ses preuves, nous irons dans une pizzeria. Il y a une
chose que j’apprécie particulièrement chez les pizzas, outre leur goût, c’est
que contrairement aux autres personnes présentes à la table, la pizza ne parle
pas Allemand. Une pizza ne connaît qu’un seul langage : celui du plus
affamé. Ce doit être cela qui rend une pizza tellement agréable à déguster.
Elle gît dans votre assiette, impuissante, n’attendant que votre coup de
fourchette, qui, tel le faucon plongeant sur sa proie, l’emportera dans les
airs pour finalement se faire dévorer. Pizza, tu fus délicieuse !
Le
repas fini, nous avons droit à un récital de chants folkloriques allemands,
interprétés par Vera et Sacha, lequel est suivi d’un autre récital, multilingue
cette fois, auquel se rajoutent Hilde et Pablo. Nos
différents chanteurs ont littéralement enflammé la salle de leurs voix mélodieuses.
Sans trop m’avancer je pense pouvoir affirmer qu’un album est en ce moment même
en cours de préparation, pour le plus grand bonheur des vendeurs de parapluies.
Curieusement
il ne pleut pas sur le chemin qui nous ramène à la salle. Il est déjà assez
tard, et après une mystérieuse disparition et réapparition de sacoche, nous
nous endormons rapidement dans nos étroits sacs de couchages.
La
nuit se passa plutôt bien en général, malgré que…
-
Le sol était trop
dur pour Hilde, qui dormait avec seulement 3 tapis de
sol, dont le plus épais faisait à peine 20 cm d’épaisseur.
-
Vera faillit
s’étrangler avec ses écouteurs.
-
Pablo aurait bien
aimé bouger un peu plus pendant la nuit, mais n’a pas osé pour certaines
raisons qui demeurent mystérieuses.
Néanmoins
tout le monde a survécu à la nuit et après un bon petit déjeuner, nous sommes fin prêts pour les deux cours du dimanche.
Les
deux cours du dimanche portaient principalement sur un kumite
effectué avec de nombreux partenaires (6 ou 7). Dans l’un de ces exercices, une
personne sert de cible ou effectue une défense suivie d’une contre attaque, les
autres attaquent chacun à leur tour cette personne. Les attaquants doivent
partir d’un côté ou d’un autre suivant qu’ils avancent à l’intérieur où à
l’extérieur du pied avant du défenseur.
Dans
un autre exercice, une personne attaque toutes les autres (qui sont alignées
sur deux lignes). Au départ celles-ci doivent se laisser faire, puis devront
faire une défense suivie d’une contre-attaque.
Le
dernier cours se termine par Nijushiho suivi du bunkai de ce kata.
Le
stage se termine et il est temps de penser à repartir vers Bruxelles. Le voyage
de retour se déroula sans ennui. Notons juste un arrêt au Burger King pour le
plus grand bonheur de tous (à l’exception d’une personne). Après un long voyage
nous étions de retour à Bruxelles vers 22h30.
En
résumé ce week-end était quasi parfait, hormis quelques rares dérapages
(mauvaises nuits, bataille de sparadraps usagés, voyeurisme, maux de têtes pour
avoir trop entendu parler allemand, …).
Ferez-vous
partie de l’aventure la prochaine fois ?